Ce que les producteurs doivent savoir sur Thrips parvispinus
Les producteurs de poivrons redoutent d’apercevoir de minuscules mais redoutables thrips noirs dissimulés dans les fleurs d’une plante auparavant saine. Ils connaissent les dégâts que peuvent causer les thrips noirs, ou Thrips parvispinus (TP), ainsi que la rapidité avec laquelle ce ravageur invasif peut se propager.
Ce ravageur est identifié comme une menace depuis quelques années, mais cette saison il se répand rapidement dans plusieurs régions agricoles clés. Il provoque des pertes de rendement importantes et perturbe la chaîne alimentaire. En Espagne, où des milliers d’hectares de poivrons sont cultivés sous serre, les agriculteurs le qualifient de “fléau”, et certains abandonnent même complètement la culture du poivron.
Qu’est‑ce que Thrips parvispinus et comment affecte‑t‑il les cultures de poivron ?
Les dégâts sont causés aussi bien par les larves que par les adultes, qui perforent les cellules végétales pour en aspirer la sève. Ils provoquent des symptômes dévastateurs, notamment un argentement des tissus, un brunissement, des cicatrices et des déformations des feuilles et des fruits. Les fruits abîmés perdent leur valeur commerciale et, en cas d’infestation sévère, on observe une chute des fleurs ainsi qu’un avortement des fruits.
Quelles régions sont exposées au risque de Thrips parvispinus ?
L’Espagne en est un exemple majeur, avec deux grandes zones de production de poivrons en environnements protégés :
- Almería – production de poivrons d’automne-hiver, de septembre à avril. Les serres y sont très concentrées, ce qui facilite la propagation du ravageur.
- Campo de Cartagena – production de cultures de printemps, d’avril à août.
Le saviez‑vous ? La culture du poivron à Almería a diminué, en particulier pour les plantations précoces. Cette tendance devrait se poursuivre en raison de Thrips parvispinus.
À Almería, la situation est alarmante, explique José Antonio Chicón, sélectionneur régional senior chez Syngenta Vegetable Seeds. “Presque toutes les serres ont été touchées. Les dégâts sont variables, mais ils peuvent atteindre jusqu’à 30 % de pertes de culture.”
Alejandro Pascual a été témoin de cas extrêmes dans son rôle de spécialiste du développement produit chez Syngenta Vegetable Seeds : “Un petit pourcentage (2 à 4 %) a perdu sa plantation de poivrons et a dû arracher la culture, car le fléau était impossible à gérer”, explique‑t‑il.
En Inde, le thrips noir se propage rapidement depuis 2020, en particulier dans les principales zones de production de poivrons du Sud. Il a presque remplacé un autre ravageur endémique – Scirtothrips dorsalis, également connu sous le nom de thrips du piment ou thrips du thé jaune – et ce schéma pourrait se reproduire dans d’autres régions.
Comment surveiller (scouter) la présence de Thrips parvispinus
La détection précoce est essentielle.
Inspectez les fleurs : les thrips noirs se cachent souvent à l’intérieur des fleurs. Un léger tapotement sur la fleur peut révéler un groupe de thrips qui en tombent.
Utilisez des pièges englués : les thrips sont attirés par les pièges jaunes ou bleus. Les inspecter régulièrement permet de confirmer la présence du ravageur.
Recherchez les dégâts d’alimentation : examinez les feuilles et les fruits pour repérer les symptômes typiques.
Hygiène de la serre : une bonne hygiène, incluant l’utilisation de pièges englués, peut aider à gérer les populations.
Syngenta étudie des variétés de poivrons résistantes
Syngenta mène activement des recherches sur des tolérances dans de nouvelles variétés de poivrons, susceptibles d’offrir aux producteurs une ligne de défense supplémentaire contre ces insectes. Et même s’il n’existe pour l’instant aucune solution infaillible contre Thrips parvispinus, certaines pratiques permettent aux producteurs de surveiller leur culture et d’empêcher la propagation d’une infestation.
Les thrips noirs deviennent de plus en plus résistants aux produits phytosanitaires chimiques — d’où la priorité donnée par Syngenta au développement de variétés résistantes. Les premiers résultats sont déjà prometteurs.
« Grâce à des outils génétiques avancés, nous intégrons dans nos variétés des caractéristiques capables de contrer ce ravageur », explique José Antonio Chicón. « Cela peut se traduire par une tolérance ou une résistance partielle. »
Le Dr Umesh Shelkar, Ph.D., responsable du développement des caractères chez Syngenta, dirige ces travaux. « Nous sommes à un stade avancé de la phase de découverte, avec plusieurs candidats identifiés pour la résistance aux thrips », rapporte‑t‑il. « La prochaine étape consiste à établir une liste restreinte, puis à valider le niveau de résistance de ces variétés. »
Les variétés résistantes constituent le moyen le plus efficace de protéger les cultures contre des menaces majeures de rendement, comparativement aux fongicides, insecticides et autres méthodes de lutte. Syngenta dispose d’un solide historique en la matière, ayant développé des variétés résistantes à :
- L’oïdium
- Le mildiou phytophthoréen
- Le virus de la mosaïque du tabac
- Le virus de la flétrissure tachetée de la tomate
- Les nématodes
Thrips parvispinus peut s’adapter très rapidement aux applications chimiques, ce qui oblige à pulvériser des pesticides de manière continue. C’est coûteux et ce n’est probablement pas une solution durable », explique Umesh Shelkar.
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